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uscha

JAGNEAU Laurent
6/3/2007

peintures

quelques tableaux de ma composition

cv

né le 18/12/1969 à Périgueux
marié, 01 enfant (Maxime)
ambulancier

1981/1986 écoles de jeunes sapeurs pompiers (Meung/loire 45, Gujan-Mestras 33)
1985/1989 protection civile (APC Sud Bassin 33)
1989/31 déc. 1996 service de santé de l'armée de terre
03/01/1989-01/05/1990 ENSSSAT (sergent, branche 12 "paramedical")
01/05/1990-31/12/1996 CS8-LYON
1997/1999 ambulancier, ambulance bordelaise rive droite Lormont 33
1999 ambulancier, ambulance assistance Lormont 33

MISSIONS EXTERIEURES
Avril-Juillet 1995 BatInf 5 Sarajevo
Octobre 95- Fevrier 1996 BatInf 2 Sarajevo

DIPLOMES
bns
ranimation
stage jeunes sapeurs-pompiers
secours routier
brevet des colleges
bep sanitaire et sociale
bmp1 paramédical (équivalent aide-soignant)
certificat de capacité d'ambulancier

"RECOMPENSES"
reconnaissance de la nation
défense nationale bronze (SSA/MAE)
commémorative française
OTAN
ONU (SARAJEVO/2)
courage et dévouement (bronze)
sauveteurs de la gironde et médaillés du gouvernement (argent)

sarajevo

Bosnie-Herzégovine 1995 : quatrième année de conflit

               Entré dans sa quatrième année en avril 1995, le conflit bosniaque aurait, à cette date, déjà provoqué 50 000 à 150 000 morts et été à l'origine de près de deux millions de réfugiés ou personnes déplacées, sur une population de 4 350 000 personnes en 1991. Sur le plan militaire, l'armée de la "république serbe" autoproclamée sur une partie du territoire (avril 1992) compensait toujours son infériorité numérique (60 000 hommes contre 100 000 pour l'armée bosniaque et 15 000 pour le Conseil de défense croate-HVO) par une supériorité persistante dans les armements lourds. En novembre 1994, l'échec de l'offensive lancée par l'armée bosniaque à partir de Bihac, puis l'incapacité de l'armée serbe à s'emparer de cette enclave lors de sa contre-offensive ont illustré cet équilibre des forces et la stabilisation territoriale qui s'en est ensuivie. L'armée bosniaque et le HVO ont certes pu mettre à profit leur supériorité numérique et réussir quelques offensives limitées (mont Ozren en juin 1994, plateau de Livno et mont Vlasic en mars 1995), mais l'armée serbe a continué de contrôler plus de 60% du territoire bosniaque, de menacer les différentes enclaves musulmanes et les principales voies de communication, et de resserrer le siège de Sarajevo - commencé en avril 1992 - à chaque fois que la situation militaire ou diplomatique l'exigeait. Le brutal écrasement de l'enclave de Srebrenica, en juin 1995, a rappelé cette réalité de façon tragique. Logiques communautaires Cet enlisement militaire a contrasté avec les importants bouleversements institutionnels et politiques survenus. En mars 1994 ont cessé les affrontements croato-musulmans commencés un an plus tôt, puis a été constituée entre les deux communautés une Fédération croato-musulmane (accords de Washington du 18 mars 1994). Pour la communauté serbe, l'événement le plus significatif aura été la rupture entre la Serbie et la "république serbe", avec l'instauration d'un embargo économique par la première à l'encontre de la seconde, le 4 août 1994. La mise en oeuvre de la Fédération croato-musulmane s'est en fait limitée à la constitution de quelques institutions fédérales communes (Présidence fédérale, gouvernement et Parlement) et à l'établissement d'une coopération militaire limitée entre armée bosniaque et HVO. La création d'administrations municipales et cantonales communes ou la réinstallation des populations déplacées sont, en effet, largement restées lettre morte. Mostar, ville placée sous la tutelle de l'Union européenne, est restée divisée en une municipalité croate (Mostar-Ouest) et une municipalité musulmane (Mostar-Est). Se superposant aux institutions républicaines d'avant guerre, entérinant la territorialisation des communautés issue de la guerre, la Fédération croato-musulmane a conduit à un contrôle renforcé et mutuellement reconnu des partis nationalistes musulman (SDA, Parti de l'action démocratique, dirigé par le président de la Bosnie Alija Izetbegovic) et croate (HDZ, Communauté démocratique croate) sur leurs territoires respectifs. Ainsi la constitution à Tuzla, en août 1994, d'un premier canton sur les huit que la Fédération doit compter s'est-elle soldée par la marginalisation de la municipalité gérée par les partis "citoyens" (non nationalistes), par la mainmise du SDA sur ce canton à majorité musulmane et par la dégradation des relations avec la minorité croate locale. Malgré sa mainmise sur l'armée, la police, les médias et les grandes entreprises, le SDA a continué de se heurter aux partis "citoyens", comme l'ont montré en février 1995 les vives polémiques, au sein de la Présidence collégiale, sur l'islamisation de l'armée bosniaque. Le HDZ, lui, a continué de régner sans partage sur des territoires croates de Bosnie toujours rassemblés dans une "république croate d'Herceg-Bosna" autoproclamée depuis août 1992. L'"Herceg-Bosna" représente également un espace monétaire et douanier distinct. Elle fonde sa relative prospérité économique sur son intégration à l'économie de la Croatie et sur la taxation des échanges légaux ou illégaux vers les territoires musulmans. Malgré le rétablissement des circuits commerciaux et monétaires, ces territoires apparaissaient par contraste extrêmement démuni, la majorité de la population continuant à dépendre de l'aide humanitaire. La relance de l'activité économique, annoncée par le Premier ministre de la République de Bosnie-Herzégovine Haris Silajdzic en 1993, s'est heurtée à la dégradation des infrastructures et à la fuite des cadres, ainsi qu'à une incurie et une corruption généralisées. Elle a semblé finalement limitée au seul secteur de l'industrie d'armement. La rupture entre la Serbie et la "république serbe" autoproclamée en Bosnie après le refus de cette dernière d'accepter le plan de paix proposé en juillet 1994 par le "groupe de contact" (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Allemagne), a eu, quant à elle, des répercussions importantes au sein de la "république serbe". Sur le plan économique, l'embargo décrété par la Serbie, bien qu'imparfaitement appliqué, a provoqué une dégradation sensible des conditions de vie de la population civile, une chute de l'activité économique et l'apparition de certains problèmes de logistique pour l'armée. Sur le plan politique, la contestation par le régime serbe de Radovan Karadzic, président de la "république serbe" et du SDS (Parti démocratique serbe), a eu pour écho la création par des dissidents du SDS d'un groupe parlementaire indépendant, mais aussi la montée des tensions au sein même de ce parti et une aggravation du découragement dans la population. Ces multiples difficultés ont ébranlé la cohésion interne de la "république serbe" et contribué à l'érosion progressive de sa supériorité militaire. L'aggravation des tensions internes s'est donc logiquement traduite, en mars 1995, après la perte du mont Vlasic, par un affrontement ouvert entre une élite politique rejetée par le régime serbe, persistant dans son intransigeance et intimement liée à l'économie milicienne qui ronge la "république serbe", et une hiérarchie militaire dirigée par le général Radko Mladic encore liée à la Serbie et insistant sur la nécessité urgente d'accepter un compromis territorial ou de mettre en place une économie militarisée, seule capable de soutenir les confrontations armées à venir. Les différents plans de paix (plan Vance-Owen de janvier 1993, plan Owen-Stoltenberg d'août 1993, plan du "groupe de contact" de juillet 1994), fondés sur le principe d'une partition territoriale de la Bosnie-Herzégovine, n'ont pas mis fin à la guerre. Mais ils ont immanquablement accompagné, sinon provoqué, des recompositions radicales de la configuration du conflit (affrontements croato-musulmans en mars 1993, combats inter-musulmans à Bihac en octobre 1993, rupture entre la Serbie et la "république serbe" en août 1994). L'impulsion américaine pour la création de la Fédération croato-musulmane en mars 1994 est restée le seul cas d'action internationale délibérée sur cette configuration. Les différents protagonistes du conflit ont, en revanche, su agir sur les équilibres internationaux. Ainsi la contre-offensive serbe sur Bihac, en novembre 1994, a-t-elle eu comme résultat, sinon comme objectif principal, une modification des stratégies militaires (abandon par l'OTAN - Organisation du traité de l'Atlantique nord - des politiques de frappes aériennes) et diplomatiques internationales (proposition franco-britannique de lien confédéral entre la Serbie et la "république serbe"). Dans les premiers mois de 1995, la configuration du conflit s'est modifiée dans le sens d'un rapprochement politique et militaire entre Serbes bosniaques et Serbes de Croatie, d'un renforcement de la coopération militaire entre les États de Bosnie-Herzégovine et de Croatie, de l'établissement de contacts diplomatiques directs entre la Bosnie-Herzégovine et la Serbie autour du plan de paix du "groupe de contact". Mais la prise en otages de plusieurs centaines de "casques bleus" par les forces serbes en juin 1995 est venue rappeler le caractère imprévisible du conflit bosniaque. Accompagnée de menaces de retrait des "casques bleus" et d'un durcissement du siège de Sarajevo, elle s'est finalement soldée par l'envoi d'une Force de réaction rapide (FRR) européenne, et par la première offensive sérieuse de l'armée bosniaque pour desserrer ce siège. Le 28 juillet, une offensive croate concertée avec les autorités bosniaques desserrait l'étau serbe autour de Bihac. Début août, une vaste offensive de reconquête de l'armée régulière croate contre les forces serbes de la Krajina de Knin allait modifier profondément la situation du conflit.

Xavier Bougarel | L'état du monde 1996, La Découverte, Paris, 1995

 

 

 

 

 

JANVIER

 

18 janvier 1995

 

Mise en place du bataillon «DUTCHBAT 3». Intrusion des forces serbes dans la « zone de sécurité».

 

 

 

FEVRIER

 

3 février 1995

 

Visite à Srebrenica de Rupert Smith, commandant de la FORPRONU en Bosnie-Herzégovine et d?une délégation d?officiers de la FORPRONU.

 

13 février 1995

 

                Première accusation de génocide, par le tribunal pour l'ex-Yougoslavie de La Haye, contre 21 Serbes                responsables d'exactions dans le camp d'Omarska.

 

 

 

MARS

 

Mars 1995

 

Nomination de Bernard Janvier comme commandant en chef de la FORPRONU en ex-Yougoslavie. II bénéficie de pouvoirs élargis.

 

 

 

7 mars 1995

 

Rupert Smith rencontre Ratko Mladic à Vlasenica. Mladic lui annonce son intention de prendre les  « zones ».

 

 

 

7 mars 1995

 

Nasser Oric, 29 ans, commandant des forces bosniaques â Srebrenica, est envoyé sur ordre de Sarajevo à Tuzla, avec 18 de ses officiers.

 

 

 

 

 

AVRIL

 

                                                 

 

 

La ville de Gorazde est prise par les Serbes de Bosnie.

 

Fin avril et courant mai 1995

Deux rapports du lieutenant-colonel Tom Karremans, commandant du bataillon hollandais, sur la situation catastrophique dans la « zone » ne parviendront jamais à Sarajevo.

                       

 

MAI

 

 

Début mai 1995

 

            Le général Smith informe le général Janvier de la préparation, pour juin, d?une offensive de Ratko Mladic sur les « zones de sécurité » de Srebrenica, Zepa et Gorazde.

 

22 mai 1995

 

            Mladic s?empare des armes lourdes contrôlées par les casques bleus et instaure un blocus total des « zones de sécurité ».

 

25 mai 1995

 

            Le général Janvier recommande à huis clos au Conseil de Sécurité des Nations unies de retirer le personnel des Nations unies des « zones de sécurité » de Srebrenica, Zepa et Gorazde. Pour lui, de même que pour Yasushi Akashi, envoyé spécial de l?ONU et représentant de M. Boutros Boutros Ghali, les troupes bosniaques sont « suffisantes » dans les « zones ». Le Conseil de Sécurité ne décide ni d?un renforcement, ni d?un retrait de ses personnels. Raids aériens de l?OTAN sur Pale.

 

26 mai 1995

 

            Bombardement serbe depuis le mont Ozren sur le centre de Tuzla. 73 jeunes (de 3 à 31 ans) meurent ce jour-là.

 

27 mai 1995

 

            Combats entre soldats français et serbes sur le pont de Vrbanja à Sarajevo. 3 morts et 2 blessés.

                                                                              

31 mai 1995

 

            Diffusion des images des casques bleus pris en otages par les Serbes et utilisés comme boucliers humains. Lettre du général Janvier au général Smith: «L?exécution du mandat est secondaire par rapport à la sécurité du personnel de l?ONU (...) le recours à la force doit être évité».

 

JUIN

 

 

En juin 1995

 

            On compte à Sarajevo 144 tués et 608 blessés.                   

 

 

 

Début juin 1995

 

            Reprise des bombardements sur les « zones de sécurité » de Srebrenica et Zepa, ainsi que sur les positions de la FORPRONU aux limites de ces «zones».

 

1er juin 1995

 

            Un groupe de soldats serbes s?infiltre dans la « zone » en tuant plusieurs civils. Ultimatum des Serbes au bataillon pour abandonner le Poste d?observation «Echo» au sud de la «zone».

 

 

2 juin 1995

 

            Les milices d?Arkan sont signalées dans la région de Srebrenica par des observateurs des Nations unies.

 

3 juin 1995

 

            Les tigres d?Arkan s?emparent du poste d?observation «Echo». Autorisation par le commandement du bataillon d?une remilitarisation partielle des forces bosniaques dans la « zone ». Réunis à Paris, les ministres de la Défense des pays membres de l?OTAN décident de la mise en place d?une force d?action rapide (la F.R.R.).

 

4 juin 1995

 

            Rencontre à Mali-Zvornik, à l?hôtel Vidikovac, entre le général Janvier, le général français Bertrand Delapresle (ex-commandant des Nations unies pour l?ex-Yougoslavie de mars 1994 à février 1995), le général Ratko Mladic et le général serbe de l?armée yougoslave (VJ) Moncilo Perisic. Cette rencontre a pour objectif de conclure un accord sur la libération des quelque 400 casques pris en otages depuis le 26 mai, en échange de l?arrêt définitif des frappes aériennes.

Entre le 2 et le 18 juin, libération des personnels onusiens (libération de 111 casques bleus le 7 juin et de 118 autres le 13 juin).

 

9 juin 1995

 

            Rencontre à Split entre Yasushi Akashi et les généraux Janvier et Smith pour décider du sort des « zones de sécurité ». Le général Janvier écarte définitivement tout recours aux frappes, qui risquerait par ailleurs « de compromettre le processus politique en cours ».

 

15 juin 1995

 

            Début de l?offensive bosniaque pour briser le siège de Sarajevo. Échec de l?opération.

 

16 juin 1995

 

            Après la prise d'otages de "casques bleus" par les Serbes de Bosnie, le Conseil de sécurité de l'ONU crée la Force multinationale de réaction rapide (FRR) pour appuyer la Forpronu.

 

                       

 

Mi-juin 1995

 

            Les avions U2 fournissent des photographies indiquant des regroupements de chars et de troupes autour de Srebrenica. Ces informations sont restées secrètes.

 

17 juin 1995

 

            Rencontre entre Yasushi Akashi et Slobodan Milosevic. « Jacques Chirac m?a informé qu?il n?y aurait plus de frappes aériennes sans le consentement de la France », Slobodan Milosevic. Deux rencontres ont lieu (les 17 et le 29 juin) entre Ratko Mladic, le commandant de la FORPRONU et des représentants du UNHCR au sujet de l?aide humanitaire, l?aéroport de Sarajevo, la sécurité des personnels et l?arrêt des attaques sur les « zones ».

 

Courant juin 1995

 

            Près de 3000 personnes fuyant les Serbes s?entassent dans la ville.

 

28 juin 1995

 

            Un groupe de diversion serbe s?infiltre dans Srebrenica. Une personne est tuée. Entre le 25 juin et le 12 juillet, 50 membres d?une unité de reconnaissance des « loups de la Drina » mènent les incursions

 

JUILLET

 

 

Juillet 1995

 

            Nouvelles offensives serbes contres les "zones de sécurité". Après Gorazde, prise en avril, tombent Srebrenica (7.000 morts) et Zepa.

5 juillet 1995

 

            Le dernier convoi d?aide humanitaire entre dans Srebrenica.

 

6 juillet 1995

 

            Début de l?attaque serbe à 4h30 sur la « zone de sécurité »: 450 obus et grenades, ainsi que 6 missiles tombent sur la « zone » de Srebrenica. Vers 13 heures, première demande de « close air support » du DUTCH BAT à Zagreb, via Sarajevo. Rupert Smith est absent de Sarajevo. Refus du général néerlandais Cees Nicolaï, chef d?état-major de l?ONU en Bosnie-Herzégovine.

7 juillet 1995

 

            Rencontre entre Carl Bildt, Slobodan Milosevic et Ratko Mladic. Carl Bildt ne fait pas mention de l?attaque serbe sur Srebrenica.

 

8 juillet 1995

 

            Prise définitive par les Serbes de «Foxtrot » au sud de la « zone». Mort d?un casque bleu hollandais, tué par des Bosniaques. Le lieutenant-colonel Karremans réclame une deuxième fois à Sarajevo des frappes aériennes. Second refus.

 

9 juillet 1995

 

            Nombreux tirs de grenades et d?obus sur les positions de la FORPRONU. Depuis le 26 avril, pas un          membre du bataillon hollandais (le DUTCH 338 BAT 3) n?a pu sortir de la « zone». Depuis mai, il n?est    plus approvisionné et n?a pas reçu d?essence depuis le 18 février.

            « Uniform », « Kilo » et « Delta», au sud-est de la « zone», sont pris par les Serbes. Vingt casques bleus   sont retenus en otages. Abandon par les casques bleus et pillage par les Serbes des deux premiers postes d?observation au sud de la «zone». Progression de l?offensive serbe par le sud et par l?ouest. 2000 soldats et miliciens du 5 corps de la Drina, appuyés par plusieurs milliers d?autres à l?arrière et 20 30 chars (T54-55), bénéficient d?une assistance opérationnelle de l?armée yougoslave. Troisième requête de Tom Karremans à Sarajevo pour des appuis au sol. Troisième refus.

 

10 juillet 1995

            Quatrième requête de Tom Karremans pour des appuis au sol. Quatrième refus. « Bernard Janvier accuse les Bosniaques de tout faire pour entraîner l?ONU et l?OTAN dans une guerre avec les Serbes», David Rhode.

            Bernard Janvier a une conversation téléphonique avec le général serbe Zdravko Tolimir.

            Réunion de crise relative à un éventuel appui au sol entre le général Janvier, le général Tom Kolsteren, John Almstrom, représentant de Yasushi Akashi et le colonel Buttler de l?US Air Force. Les colonels Thierry Moné et François Dureau sont les assistants de Bernard Janvier.

            Yasushi Akashi et Bernard Janvier estiment que Ratko Mladic ne veut pas prendre Srebrenica : « Que     ferait-il des milliers de réfugiés ? » Yasushi Akashi est à Dubrovnik pour une rencontre avec le    gouvernement croate. Le soir, lors d?une rencontre entre Tom Karremans et les autorités bosniaques de    la « zone», le commandant leur assure que des frappes auront lieu le lendemain.

 

Nuit du lundi 10 juillet au mardi 11  juillet  1995

 

            Des Serbes portent l?uniforme des casques bleus. Suicides dans la population. Une partie de celle-ci décide de former une colonne et de s?enfuir à travers bois en direction du nord et de Tuzla (à 65 km     environ).

 

11 juillet  1995

 

            Début de l?offensive serbe sur Zepa. Les forces bosniaques de Zepa désarment les membres du bataillon ukrainien. Arrestations et premières exécutions dans Srebrenica. Tirs d?obus sur la base de Potocari. Au petit matin, pas de frappes aériennes. L?ordre se serait perdu entre Srebrenica, Tuzia et Sarajevo. Le bataillon réitère sa demande de la veille à 7h45. A 14h30, deux F16 hollandais de l?OTAN tirent sur des chars serbes. Les Serbes menacent de tuer leurs otages. A 16 heures, ils contrôlent la totalité de la « zone  ». Depuis le petit matin, la foule des civils, hommes, femmes, enfants et vieillards s?agglutine autour et dans la base du DUTCHBAT à Potocari, à 6 km au nord de Srebrenica. La base est installée dans une ancienne usine de batteries « Fabrika akumulatora ». A 12 heures, ils sont déjà 4 à 5000.

Deux réunions de reddition ont lieu en présence de Tom Karremans, le proviseur du lycée de Srebrenica, Nesib Mandzic (pour la première) et de Ratko Mladic. Tom Karremans trinque avec Radio Mladic. Présence de journalistes serbes et du général serbe Oivanovic.

« A la veille d?une grande fête serbe, nous offrons cette ville au peuple serbe... Le moment est venu de prendre notre revanche contre les turcs de cette région», Ratko Mladic.

Le soir, on compte près de 30 000 personnes autour et dans la base du bataillon. Début du tri des hommes âgés de 14 à 70 ans. Exécutions et tortures en série à proximité de la base. Déportation par camions et bus des 3365 hommes réfugiés à Potocari. En 5 jours, plus de 10000 hommes seront systématiquement assassinés.

« Notre mission s?est achevée avec succès », Moncilo Perisic, général et commandant de l?armée yougoslave. Le commandant du corps de la Drina des milices serbes est le général Milenko Zivanovic.

Réunion du haut commandement des Nations unies pour la région présidée par Yasushi Akashi. Celui-ci déplacer librement traite directement avec Slobodan Milosevic, qui lui assure que les casques bleus à Bratunac peuvent sent. Les blessés, ainsi que le personnel local à l?intérieur du périmètre du Q.G. de la FORPRONU à Potocari sont pris en charge par les médecins de l?association MSF : docteurs Daniel Golden et Kristina Schmidt. Vers minuit, départ de la colonne de 12000 personnes environ. Le lieu de regroupement est le hameau de Susnjari. Dans un premier temps, les Serbes laissent passer la colonne qui s?étend sur près de 15 km. Les derniers partent seulement le lendemain midi. Elle sera très vite divisée en un groupe de tête de4 000 personnes et divers groupes plus petits. Comme ils l?ont fait durant le siège de Srebrenica, les Serbes envoient des gaz sur la colonne. Prise de «Papa» entre Potocari et Bratunac.

 

12 juillet 1995

 

            Troisième et dernière réunion entre Radio Mladic, le commandement et des représentants des réfugiés (dont Ibran Mustafic, représentant de Srebrenica à l?Assemblée de Bosnie) à 9h30. A midi, début de la déportation par bus des femmes, enfants et vieillards vers Kladanj. 400 femmes et jeunes filles du village de Tisca sont enlevées par les Serbes et sont toujours portées disparues à ce jour. La file des camions et des bus est accompagnée par 13 ou 14 véhicules des Nations unies (tous volés ensuite par les Serbes).

Viols de femmes, assassinats d?enfants et d?hommes par les Serbes dans les rues et autour de Srebrenica ainsi qu?à proximité de la base du bataillon. Naissance de 50 bébés dans la base entre le 11 et le 14 juillet. Rencontre entre Rudolf Perina, chargé d?affaires américain, et Slobodan Milosevic.

Au sein de la colonne, les morts se comptent par centaines. Bombardements, tirs sur la colonne et incursions serbes. Scènes de suicides collectifs à la grenade. Un millier d?hommes et de femmes sont massacrés au « pont de la boue rouge ». Les hommes qui se rendent sont systématiquement assassinés.

Vote de la résolution 1 004 par le Conseil de Sécurité exigeant que les forces serbes de Bosnie cessent leur offensive et se retirent immédiatement de la « zone » de Srebrenica.

En présence des caméras de la télévision de Pale, les Serbes déportent dans des bus et des camions, et avec l?aide de certains membres du personnel de la FORPRONU, 14000 civils, femmes, enfants, vieillards. Les miliciens et soldats serbes dépouillent systématiquement tous les passagers de leurs biens. Dans les premiers jours, 10000 à 12000 personnes trouvent refuge à Tuzla. Avec l?aide de casques bleus, arrestation par les Serbes des derniers hommes à l?intérieur de la base. Les casques bleus          sont témoins d?exécutions massives.

Toujours devant les caméras et les photographes, Mladic embrasse ses soldats et donne du chocolat et des boissons aux femmes et aux enfants de Srebrenica. Évacuation des blessés sous une chaleur étouffante par les médecins de MSF et le personnel local. Bombardement de l?OTAN, sur un transport de troupes et un char serbe (le char ne sera pas touché).

Afin d?empêcher des excès, le chef de bataillon (le lieutenant-colonel Tom Karremans) décide de coopérer à l?évacuation. Les soldats hollandais obligent les derniers hommes à quitter la base. Lors de son audition au TPIY comme témoin dans le cadre de l?affaire « Karadzic, Mladic », Tom Karremans répondra au juge Riad: « (...) il ne m?est pas venu à l?esprit de demander [à Mladic] ce qui était arrivé aux réfugiés».

 

13 juillet 1995

 

            Le Q.G. serbe à Srebrenica est installé dans le bâtiment des P.T.T. La déportation des populations reprend dès 6h30. Une liste de 239 personnes en âge de porter les armes est établie à l?intérieur de la base à l?initiative du commandant Franken. 60 hommes refusent de donner leurs noms, ils sont remis aux Serbes. La plupart des casques bleus sont persuadés que les Serbes respecteront les conventions de Genève. Exécutions massives des hommes par les Serbes en divers lieux.

Au moins 200 hommes de la colonne restent armés. Ils prennent des armes aux Serbes et un officier en otage. Le Haut Commissariat aux Réfugiés confirme la disparition de près de 8000 personnes. Toutes les demandes d?inspection du CICR envoyées à Ratko Mladic sont rejetées. Le CICR recense 34000 survivants sur 42000.

Willy Claes, secrétaire général de l?OTAN, déclare que Srebrenica « est définitivement perdue». A 17h30, les dernières personnes sont dépotées de la base de Potocari. Les officiers serbes, le commandant Obrenovic et le général Zivanovic ordonnent des massacres d?hommes à Glodzange. Le général Janvier réclame à Yasushi Akashi un retrait des personnels de la FORPRONU de Zepa et de Gorazde.

 

14 juillet 1995

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